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Paksé et la boucle des Bolovens, grand trip à moto sur 3 jours à la découverte des mille cascades

  • 22 avr. 2022
  • 11 min de lecture

À quelques kilomètres seulement de la « grande » ville de Paksé, carrefour du sud du pays, se trouve le plateau des Bolovens, lieu connu pour les road-trip à moto. Culminant à 1000 mètres d’altitude, entre la région de Champassak, Sékong et Salavan, le plateau se visite principalement ses nombreuses cascades, ses ethnies particulières et ses plantations variées. Si vous n’avez pas peur du deux-roues et des kilomètres de route, l’aventure est faite pour vous.


SI VOUS VOUS ATTENDEZ À UN GUIDE DES BASICS, EXEMPLE « 10 CHOSES À FAIRE À… », CE N’EST PAS CE QUE VOUS ALLEZ LIRE. JE PARTAGE ICI MON EXPÉRIENCE, CE QUE J’AI VRAIMENT FAIT, QUE ÇA M’AIT PLUS OU NON

Au moins vous êtes prévenu :)

Ps : J’emploierais le « nous » régulièrement tout simplement parce que je n’étais pas seule durant mon voyage.


Bonne lecture !


Tad Champee

Après 1 heure de route depuis Champassak, nous voilà de retour dans une ville bruyante et en effusion. Le camion/taxi nous dépose pile sur le marché de Paksé entre les vendeurs de poissons. Avec des compères que nous avons rencontrés pendant le trajet, on se dirige vers l’avenue principale pour trouver un loueur de moto. Eh oui, Paksé n’est pas notre destination du jour, loin de là. La ville n’est pas très intéressante en tant que telle, c’est plus le point de départ de tous les voyageurs pour le plateau des Bolovens, car ici, on trouve des loueurs, des agences, et tout ce qui faut pour préparer ces 2-3 jours de road-trip. Et surtout, la ville possède un aéroport international qui permet aux voyageurs d’arriver de tous les pays alentours et aussi du nord du Laos (oui, y en a qui s’embête pas à se taper tout le pays en bus et je les comprend.). C'est donc armé de notre meilleure volonté que l’on s’embarque en quête de notre prochain véhicule, mais on galère. Tous les loueurs nous disent qu’ils n’ont plus rien… Pas pratique. On fini par nous en recommander un (que j’ai mis dans les adresses sur la carte parce que c’est, je pense le plus compétent), mais chou blanc aussi. On tourne en rond (toujours avec nos amis), puis par chance, on tombe sur une guesthouse qui loue des motos, et ils ont des dispos. Bon la mobylette n’est pas de la première jeunesse, mais on sent que ça fera largement l’affaire. J’aurais aimé vous dire le prix que l’on a payé, mais je ne sais plus exactement. Dans tous les cas ça devait être le même prix qu’ailleurs, sinon on les aurait pas prit (enfin on aurait continué les recherche). Toutefois, un problème se pose, on ne veut pas prendre nos back-pack, car de 1°) c’est beaucoup trop encombrant et de 2°) ils doivent faire plus de 10 kilos chacun, donc impossible. L’hôtel nous propose de les laisser à un endroit, mais ce n’est pas fermé (clairement, c’est sous les escaliers), et dans le passage, donc on n'est pas très chaud de laisser toute notre vie ici pendant 3 jours. Solution : le loueur Miss Noy (celui qui n'avait pas de dispos) propose de garder nos sacs gratuitement dans un local, avec d’autres sacs, mais ça semble un peu plus sûr (on met un petit cadenas, on sait jamais), si on lui réserve nos billets de bus pour notre prochaine destination. Marché conclu, on pose notre maison, on prend nos petits sacs à dos avec le nécessaire et le gérant nous file un plan avec le détail de la boucle (vous le trouvez facilement sur Internet, question de Copyright, j’affiche que ma propre carte ici). C’est donc parti pour la boucle ! Mais bon ça commence par 20 minutes de nationale avec 4 voies pour sortir de la ville (pas très fun). On se lance un peu au culot, je veux dire que l’on n'a pas encore décidé où l’on dormirait le soir (non, je ne parle même pas l’hôtel, ce serait trop beau, c’est carrément la ville) et on ne sait pas exactement ce que l’on veut faire sur le parcours.


Ville de Paksé

Premiere partie des Bolovens


Déjà, il faut commencer par expliquer que les Bolovens ce font de deux façons : La première s’appelle la petite boucle et consiste à s’arrêter une nuit à Paksong (ou pas) et une à Tad Lo ; La deuxième s’appelle la grande boucle et elle va jusqu’à la ville de Sékong, à environ 85 kilomètres de Paksong (on peut soit rajouter une nuit, soit remplacer une des deux autres, comme vous voulez). => C’est ça qu’on n'arrivait pas à choisir ! Trigger Warning : En écrivant les articles, je me rends compte que depuis 2019 les lieux sont beaucoup mieux indiqués sur Google Maps, ce qui nous aurait peut-être permis de ne pas nous perdre, enfin bref. Le premier arrêt se fait dans un endroit un peu au hasard, car j’ai l’impression que le plan indique une des cascades non loin de nous. On bifurque donc à droite et on arrive dans le champ d’un papi. On comprend pas trop, ça n’a pas l’air de le gêner donc on continu, et là qu’elle vu notre surprise lorsqu’on aperçoit LA cascade. On se tape une grande barre de rire, ce sont réellement 3 gouttes qui tombent (un petit malin a dû créer le point sur google maps et tout le monde devait s’arrêter pour aller voir « les chutes d’eau du papi »).

On rebrousse chemin, et dans notre maladresse, on loupe deux belles cascades (pas très grave, mais je vous les ai notés en fin d'article, ne passez pas à côté vous aussi !). Mais par chance, on ne manque pas Tad Champee, qui comparé aux autres n’est pas très haute, mais offre un grand bassin assez profond juste en dessous des chutes, qui permet de se baigner (pas juste trempette quoi). L’entrée coûte 10 000 kip par personne et le parking est à 5 000 kip (prix normal), cela sert à entretenir les chemins qui mènent jusqu’à la cascade.

Tad Champee

On s’est baigné pendant 1 heure (le bonheur après déjà plus d’une heure de route sous un soleil de plomb), et on s’est promené tout autour. L’endroit était plutôt paisible, on devait être 10 personnes à tout casser. En remontant, on s’arrête dans le bar à l’entrée, où l’on boit une sorte de boissons avec du thé indescriptible mais délicieuse.

Thé à Tad Champee

C’est reparti pour la route, mais nous qui pensions s’arrêter dormir à Paksong (bout de la petite boucle), on se rend compte qu’on y est, héhé, et il est 14h… Donc bon, on se dit que c’est un peu bête de se poser ici. Nous, on a envie de rouler ! Le choix se fait ici, on dormira à Sékong. On continue notre chemin, le ciel se couvre un peu, mais tout va bien, la nature autour de nous est sublime. Les Bolovens sont le jardin du Laos, il y pousse du thé, du café, du tecks, des bananiers, des litchis, qui sont exportés partout dans le pays et chez les voisins (pour vous dire que c’est varié en terme de paysage).

Route des Bolovens

Tout aller bien, quand d'un coup : problème (ça vous avait manqué). On est en rade d’essence, sauf que pas une seule station à l’horizon et on est bien paumé. On flippe bien comme il faut, on ne rencontre que des stations abandonnées depuis des années… Mais au bout de 20 minutes, le Messi apparaît au loin, et par chance elle est ouverte. On fait le plein et on rempli même une bouteille au cas où (oui le jerrican, ils s’en fichent). Il commence à être tard et on a faim ! On s’arrête dans la ville de Thateng qui se trouve au carrefour entre les routes de Paksé, Sékong et Tat Lo. On ne trouve pas grand-chose jusqu’au moment où l’on remarque une sorte de fête à côté d’un temple, on s’approche et une dame nous fait signe de nous asseoir. Elle a compris nos intentions et nous amène la carte. On mange bien, c’est chaud et réconfortant, parfait pour entamer nos derniers kilomètres. Ah et on a pas du tout compris pourquoi il y avait une fête et personne pour nous expliquer, tant pis. Les derniers kilomètres sont plus compliqués, la route tourne beaucoup. Nous sommes forcés de nous arrêter à un moment, car nous sommes témoins d’un accident, plusieurs personnes sont là, on ne veut pas les gêner, on continue notre route. Je n’ai en aucun cas envie d’expliquer ce que j’ai vu ce jour-là, je tenais juste à dire qu’il est important de faire attention sur ces routes, car les gens roulent parfois vite. Dans tous les cas, on ne vous laissera pas partir faire la boucle sans vous prévenir des dangers et vous serez équipés d’un vrai casque.

Route des Bolovens

Bref, c’était la minute pas cool ! On arrive à Sékong, le soleil se couche, on rejoint notre guesthouse. La ville est trop bizarre, le patron de la guesthouse aussi, on se sent un peu comme des ovnis. Notre chambre n'est vraiment pas top (enfin, ça va, mais elle ne respire pas la gaieté). Explications : Sékong, c’est la capitale de la région la plus pauvre du Laos, ce qui fait qu’elle n’est pas encore super bien ouverte au tourisme. S’ajoute à cela qu’elle est loin (environ 140 kilomètres de Paksé), donc tous les voyageurs n’y viennent pas. C’est pour cela que nous nous sommes retrouvés, eh bien, tout seul, pas un seul touriste à l’horizon et qu’on était le centre de l’attention. L’idée nous plaît, mais là il faut avouer que l’ambiance est disons particulière, on se sent épié et on comprend pas grand chose à ce qui se passe. Après s’être lavé puis préparé, on reprend la moto pour aller manger, et c’est encore dans une sorte de foire que nous nous retrouvons. On fait un tour et on est vraiment l’attraction principale, tout le monde nous regarde. On s’assoit pour manger chez une famille qui tient un stand. Et je ne vais pas vous dire qu’on a bien mangé, tout était étrange… Des œufs, des légumes, des beignets... au vinaigre (je vous assure). Je ne suis pas difficile, mais je n'ai pas pu. On rentre, et avant de pousser notre porte, on pousse une poubelle, et là, des centaines de cafards se font la malle. Trop, c’est trop, Sékong ce n'est pas pour nous, on se met donc d’accord pour lever le camp le plus vite possible le lendemain matin.


Acte deux de la boucle


La nuit passe vite, on dit au revoir et on détale. Petit pause café avant de reprendre la route (il ne faut pas déconner) et c’est reparti. En chemin, on croise des enfants qui nous font des coucous, des véhicules moitié tracteur moitié remorque qui transporte du manioc, des patates et autres tubercules, et un beau serpent de 2 mètres qui nous file devant les roues… Que de belles rencontres.

Tracteur Bolovens

Enfants sur la route des Bolovens

On arrive vers 12h à Tat Lo, où l’on déjeune à l’Honey Bee Café, c’est bon et ce n'est pas trop cher. Puis on pose nos valises (enfin nos sac-à-dos) chez Tim Guesthouse, qui est un hôte super, c’est vraiment l’endroit où il faut dormir. Ce sont des bungalows sur un champ qui accueille de vaches, par contre, il me semble que la salle de bain est commune. Vous avez même des cascades juste à côté du logement, parfait pour faire trempette et en fonction de l’heure vous serez entouré de tous les enfants du village.

Village et Tim Guesthouse

On décide donc de se baigner et ensuite de prendre la direction du Tadlo Lodge. C’est un hôtel ouvert au public (vu qu’il abrite un restaurant), où vous pouvez venir voir d’autres cascades et surtout des éléphants qui appartiennent à l’hôtel. ATTENTION : Je tiens à dire qu’ils ne sont pas merveilleusement bien traités, enfin, on sent qu’ils ne sont pas validés par la SPA. Les animaux ont des chaînes sur la nuque et on peut faire des balades sur le dos… Par contre les soigneurs ont l’air d’en prendre grand soin (en même temps, si c’est leur outil de travail) et on ne sent aucune animosité.

Éléphant à Tadlo Lodge

Éléphant à Tadlo Lodge

Bref, je ne vais pas ouvrir un débat ici, vous n’êtes pas obligé de participer financièrement pour venir les voir, vous avez le droit de juste vous asseoir sur les rochers. Parenthèse fermée, si vous souhaitez les voir se faire chouchouter par leurs soigneurs, il faut être là vers 16 h, et si vous n’avez jamais vu d’éléphant (ce qui était mon cas) c’est quand même très impressionnant. Cela dure environ 20-30 minutes et après, ils les rentrent pour la nuit.

On repasse par notre guesthouse et on profite d’un petit goûter chez Tim qui tient la guesthouse. Le soir, on décide de retourner à Tadlo Lodge pour manger, parce que le restaurant à une super vue sur la cascade (ça doit être mieux en journée, mais ça reste super sympa). La nourriture est bonne, mais attention, c’est plus onéreux que dans le village.


Dernière étape et retour à Paksé


Avant de partir, on prend un superbe petit-déjeuner chez Tim, puis on prend les mêmes et on recommence. On part en direction de Paksé, mais avant de rejoindre la ville, on compte bien s’arrêter à quelques endroits. Le premier sera la plantation de Mr Vieng, qui permet aux visiteurs de faire une visite guidée des champs et d’en découvrir plus sur la culture du café. Nous sommes plutôt nombreux (environ 10 personnes), ce qui au premier abord parait un peu « embêtant » mais le guide à l’habitude, il est plein d’humour et gère super bien sa visite.

Route des Bolovens

Le lieu est agréable, le café est bon, tout ce qu’il faut pour nous séduire. On décide donc de leur acheter du café pour ramener à la maison (il a très vite était consommé) et on remonte sur la moto. Le prochain arrêt est la cascade de Pha Suam, plutôt discrète et situé à 2 kilomètres depuis la route principale, par contre la route n’est pas en bon état (après quelques jours de route impeccable, on est vite surpris par un petit chemin de terre).

Route pour aller à Pha Suam

Deux hommes se baignent et en profitent pour laver leur scooter (rendre l’utile à l’agréable), on en profite nous aussi pour se baigner pas loin. Le courant est quand même assez fort donc faites attention là où vous vous trempez. C’était notre dernier arrêt, on file maintenant vers Paksé pour retrouver la foule et la chaleur.

Cascade de Pha Suam

Arrivé en ville, on rend notre bolide (je suis dégoûtée, je n’ai même pas une seule photo de nous dessus) et on se dirige vers un restaurant parce qu’il est déjà, tard et on crève de faim. S’en suit un arrêt chez le coiffeur pour mon compagnon (on n'avait pas grand-chose à faire donc on tue le temps), et c’était un des moments les plus drôle de notre voyage. Je pense que le coiffeur n’avait pas vu un étranger dans son salon depuis son ouverture, et plein de fierté, il a voulu s’occuper de lui à la perfection, sauf que du coup ça a duré… 1 h 30 ! En vrai, on avait le temps et les petits papis qui passaient nous occupaient (observer ces moments du quotidien, c’est de l’or).

Coiffeur Paksé

Il est enfin l’heure de récupérer nos affaires chez Miss Noy (dieu merci nos sacs sont là). On discute un peu avec le patron, un expatrié, qui vient d’attraper le palu (pas top), et qui ne se sent pas bien du tout, mais pour lui c’est « normal ». Bref, il nous propose gentiment d’utiliser la douche du magasin avant qu’on prenne notre bus de nuit, et on accepte volontié (on ne devait pas sentir la rose entre le trajet et la rivière). S’en suit un dîner dans le restaurant d’à côté avant d’attendre notre bus pendant 2 h. Il se pointe enfin, il est 22 h et on entame notre route vers la capitale.


Paksé


CONCLUSION : Hello hello, juste une question, je n’ai jamais conduit mais j’aimerais faire les Bolovens qu’en penses-tu ?

Je n’ai pas de réponse exacte à cette question, car il y a du oui et du non à la fois. Je dirais oui parce que la route est simple en soi (de bonnes qualités, pas de monde, ligne droite…), mais j’aurais tendance à dire non, car conduire un scooter ou une moto, c’est fatigant à un moment donné et si tu n’as pas l’habitude ça risque de te dégoûter un peu de l’expérience (ou au contraire te faire adorer, c’est quitte ou double). À toi de voir si tu te sens d’attaque pour ta première conduite à faire presque 150 bornes (petite boucle, je ne parle même pas de la grande), mais c’est faisable.


Combien coûte la location ?

Écoute mon ami, je ne sais plus ce que j’ai mangé hier comment je pourrais m’en rappeler. Non, sans blague, je ne sais plus et tout dépend du loueur, de ta capacité à négocier, etc. Mais je sais que ça dépend du type de véhicule que tu choisis, si c’est de l’automatique, ce sera plus cher que du manuel.

Et du coup petite ou grande boucle ?

Honnêtement, je pense que la petite aurait suffi, mais je ne regrette pas d’avoir fait la grande. Même si la ville de Sékong ne me laisse pas un souvenir dingue, je pense qu’il a moyen en se préparant mieux de rendre l’aventure plus cool. Il y a une guesthouse pas loin de Tad Tayicsua (cascade) qui m’a l’air sympa et c’est en dessous de Sékong alors pourquoi pas.

Voici un récap' de notre parcours :


Éléphant à Tadlo Lodge

Merci de m’avoir lu, c’est tout ce que j’avais à raconter sur le plateau des Bolovens et Paksé. Cette fois-ci je ne vous écrit aucune adresse elles sont toutes répertoriées sur la carte de l’article (vous n’avez plus qu’à cliquer dessus).

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